Comment faire le deuil d’un proche ?

Personne ne peut se préparer à la perte d’un proche et à l’immense peine qui en découle. Lorsque survient un décès dans notre entourage, il est tout à fait naturel d’avoir l’impression que notre monde s’effondre et que nos repères nous échappent.

Il n’existe malheureusement pas de schéma tout tracé pour accepter le décès d’un proche. Il n’existe pas non plus de formule magique qui permettrait de faire disparaître votre douleur ou de combler le vide laissé par l’être aimé.

Seul le temps peut guérir une telle blessure, même si ce n’est que partiellement. Ce même temps qui, peu à peu, vient apaiser une douleur dont l’intensité égale celle de l’amour que vous portez au défunt. Il n’est pas question de se débarrasser de son deuil, mais plutôt d’apprendre à le comprendre et de continuer à avancer, malgré le poids qui vous accable.

Acceptez de ne pas comprendre vos émotions

Comprenez qu’il ne s’agit pas d’une étape qu’il faut surmonter le plus rapidement possible, mais d'un processus naturel et nécessaire. Il est question de suivre un chemin intérieur, souvent sinueux, par lequel on apprend progressivement à vivre malgré la perte d’un être cher.

Le deuil se manifeste sous différentes formes et ne suit pas systématiquement le même trajet. Vous avez certainement déjà entendu parler des cinq étapes du deuil mais cet intitulé ne reflète pas vraiment la réalité.

Ce processus n’a rien de linéaire et ne respecte pas non plus d’ordre précis. Vous pouvez ressentir de la tristesse, de la colère, de la culpabilité ou même un certain apaisement. Parfois, tout cela dans une seule et même journée. D’autres jours, au contraire, vous pourriez sentir une forme d’apathie vis-à-vis de la situation. Est-ce déroutant ? Bien sûr. Anormal ? Absolument pas.

Comment faire face au deuil au quotidien ?

Accueillez vos émotions sans les juger

Comprenez que votre manière de réagir n’est pas “mauvaise”, sous prétexte qu’elle diffère de ce que d’autres peuvent ressentir. Il n’y a pas de logique à trouver dans notre manière d'appréhender le deuil. Il faut simplement s’autoriser à ressentir toutes les émotions qui nous traversent, sans tenter de les rationaliser et sans les comparer à celles des autres.

Sachez également que le deuil peut aussi se manifester physiquement : fatigue intense, troubles du sommeil, perte d’appétit, … Le corps exprime ce que les mots n’arrivent pas toujours à dire. Reconnaître ces réactions permet déjà de se montrer plus indulgent envers soi-même.

Après la perte d’un proche, on aimerait parfois aller mieux rapidement, pour soi ou pour les autres. Pourtant, faire face au deuil commence par accepter ce que vous ressentez. Pleurer, se sentir vidé ou avoir besoin de rester seul un instant n’est pas un signe de faiblesse. C’est une réaction humaine face à une absence qui fait mal.

Dans notre pratique, nous rencontrons des personnes qui s’excusent presque d’être tristes. Pourquoi s’excuser de souffrir quand on a aimé ?

Ne gardez pas tout en vous

Le silence peut parfois alourdir le deuil. Mettre des mots sur la perte, évoquer des souvenirs, raconter l’histoire de la personne décédée, … Tout cela aide à maintenir un lien symbolique. Ce dialogue peut s’établir avec la famille, des amis ou un professionnel. Parler ne fait pas disparaître la douleur, mais permet souvent de l’alléger.

Parfois, le deuil semble s’installer durablement, au point d’empêcher toute projection dans l’avenir. Si la souffrance persiste sans s’atténuer, si vous vous sentez de plus en plus isolé ou si la perte d’un proche envahit chacune de vos pensées pendant des mois, il peut être utile de consulter un professionnel. Les psychologues, les médecins généralistes ou les associations spécialisées peuvent offrir un soutien précieux.

Aux Pompes Funèbres Savouret, notre équipe propose un service d’accompagnement au deuil pour ceux qui se sentent impuissants face à la perte d’un être aimé. Nos professionnels mettent l’accent sur la patience et la bienveillance, et ce même après la cérémonie.

N’ayez jamais honte de demander de l’aide. Ce n’est pas un échec, mais une preuve de lucidité et de courage. Nous avons tous besoin d’une main tendue, à un moment ou un autre de notre vie.

Respectez votre propre rythme de deuil

Il n’y a pas de calendrier du deuil. Certaines personnes reprennent rapidement une vie sociale, d’autres ont besoin de plus de temps. Comparer son deuil à celui des autres est rarement utile. Nous le rappelons souvent aux familles que nous accompagnons : vous avez le droit d’aller à votre rythme. Le deuil n’est pas une course, mais un chemin personnel.

C’est parfois difficile de s’en convaincre, mais vous n’avez pas non plus à vous sentir coupable de recommencer à vivre pour vous. Vous ne trahissez pas le défunt en retrouvant des petits moments de bonheur. Au contraire, c’est ce que votre proche aurait voulu pour vous.

Le rôle des rituels et du souvenir dans le deuil

Les rituels funéraires jouent un rôle important dans le processus de deuil. Les funérailles, la cérémonie d’adieu et le moment de recueillement offrent chacun un cadre symbolique pour dire au revoir. Ces instants, que nous organisons avec les familles, aident souvent à rendre la perte plus concrète et à amorcer le travail de deuil. Ces moments permettent de partager votre peine et de ne pas rester seul face à elle.

Les rituels ne s’arrêtent pas aux funérailles ; allumer une bougie à une date anniversaire, visiter le lieu de sépulture ou conserver un objet symbolique sont autant de manières de continuer à honorer la personne décédée. Ces gestes simples aident à donner une place à l’absence. Ils permettent aussi de transformer progressivement la douleur brute en une présence plus douce, faite de souvenirs.

Les dates d'anniversaire de décès sont souvent un moment très lourd pour les proches du défunt. Ces périodes ravivent souvent le deuil et c’est normal. Anticiper ces moments peut aider à mieux les vivre.

Avancer sans oublier

Faire face au deuil, ce n’est pas oublier la personne décédée. C’est apprendre à vivre autrement, en intégrant la perte dans notre histoire. Un jour, sans que vous ne l’ayez décidé, la douleur laissera place aux souvenirs heureux. C’est à travers ces souvenirs que votre proche continue de vivre, logé dans le cœur de celles et ceux qui ont partagé un bout de son chemin et qui portent aujourd’hui sa mémoire.

Est-ce que l’absence disparaît complètement ? Non, mais elle devient plus supportable. Et c’est souvent à ce moment-là que l’on se rend compte de tout le chemin parcouru.